Fondation Libanaise pour la Paix Civile Permanente

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Rapport annuel de
« L'Observatoire libanais de la paix civile et de la mémoire »



Profiter des acquis du 14 mars
et en finir avec le Liban- trottoir


La Fondation libanaise pour la paix civile permanente vient de publier son 8 e Rapport annuel de son « Observatoire de la paix civile et de la mémoire ».

Le Rapport comporte deux parties : une analyse chronologique des événements au Liban à la lumière d'une grille élaborée par la Fondation de plus de cent « Indicateurs du pacte libanais de coexistence », et des propositions concrètes d'action en vue de la consolidation du pacte national et la construction d'une mémoire collective et partagée.

 

Faits positifs et facteurs défavorables

Quatre faits positifs sont relevés :

- Le mouvement du 14 mars 2005.

- La publication de documents relatifs aux menaces et à l'attentat contre le Mufti de la république Hassan Khaled et nombre de révélations dont celles du Mufti Sabounji de Tripoli.

- Le soutien international en faveur du Liban, soutien qu'il faut distinguer de la notion d'ingérence.

- L'institution des rites de commémoration à l'occasion du 13 avril ainsi que la multiplicité des publications et travaux pour «  oublier, mais aussi se souvenir  ».

 

Quatre faits défavorables sont relevés :

- Le maintien du Liban par certaines parties en tant que scène ( sâha ) d'affrontement et de « guerre pour les autres » et pays – trottoir, au sens français du terme, pour la liquidation de conflits régionaux, alors que le Liban «  n'est plus aujourd'hui une carte, mais un piège  ».

- La structuration communautaire ( pillarization ) qui a émergé des élections législatives malgré l'évolution en faveur du pluralisme entre les communautés et à l'intérieur des communautés.

- La régression de la structuration de la société civile, dont principalement les partis, les syndicats et les organisations professionnelles et ONG, en tant que forces de soutien en vue de politiques publiques et d'enjeux de société.

- La reprise de certaines allégations en faveur d'un « nouveau » pacte national, «  alors que toutes les expériences hasardeuses ont déjà été tentées au Liban et qu'il y a lieu d'adopter la formule de Rachid Karamé en 1976, face aux pérégrinations contre le Pacte de 1943  : Oeuvrons à enrichir le Pacte et non à l'annuler ( na'mal limâ yughnîhî wala ‘ulghîhî ). »

 

Propositions d'action

Quatorze propositions concrètes d'action en vue de «  l'immunité , la contrition nationale et le passage de la mémoire de guerre à une culture de paix  », sont formulées pas l'Observatoire :

A. Culture de politique étrangère  :

1. La devise : Liban d'abord, constitue le summum de l'arabité du Liban, car elle évite la fragmentation, l'immixtion des frères, sœurs, cousins et autres parentés arabes dans la question libanaise et les « sacrifices » arabes en faveur du Liban.

2. Des relations libano-syriennes «  naturelles au plus haut point  », sans expectative ni pari de la part de Libanais en vue de changements endogènes ou provoqués dans le régime politique en Syrie ou dans tout autre Etat arabe.

 

B. Culture du pacte national

 

3. L'approfondissement des efforts en vue de la conceptualisation du système politique libanais à la lumière des recherches comparatives et de l'expérience endogène et sans «  paresse intellectuelle qui se manifeste à travers des présupposés et affirmations globales  ».

4. La promotion d'une culture du pacte national, à la lumière aussi des recherches comparatives et de l'expérience libanaise de consensus et de conflit.

5. La rénovation du discours politique, en vue de rétablir la confiance entre les générations.

6. La promotion de l'amour du Liban parmi les jeunes, surtout que nombre de jeunes se demandent : «  Pourquoi aimer le Liban ? Pour le risque perpétuel dans ce pays ? Pour la corruption généralisée  ? » Il est précisé dans le Rapport : « En finir avec le Liban -trottoir et le Liban scène ( sâhat ) est la condition de reprise de confiance dans l'avenir. »

 

C. Mémoire collective et immunité

7. La relance et la vitalisation des programmes d'Education civique et d'Histoire, élaborés dans les années 1997-2001 au CRDP sous la direction du professeur Mounir Abou Asly.

8. L'édification de lieux de mémoire et de musées municipaux pour la mémoire, centrés sur l'histoire des Libanais, et non exclusivement sur celles des gouvernants et du « Liban ».

9. La promotion, à travers des programmes éducatifs et culturels, des véhicules de transmission des expériences et acquis du passé et la reconnaissance de ces acquis.

10. L'exercice par l'armée de toutes ses prérogatives de souveraineté.

11. La réhabilitation de l'autorité des normes et du principe de légalité, principe longtemps bafoué durant des années par une justice sélective et une légalité instrumentale.

12. La diffusion et la mise en application intégrale et effective de l'article 49 de la Constitution amendée, article en vertu duquel le chef de l'Etat est le gardien du principe de légalité, une sorte de conseil constitutionnel avant le Conseil constitutionnel institutionnel, puisqu'il doit «  veiller ( yashar ) au respect de la Constitution . »

13. La conciliation entre partage du pouvoir dans un système consensuel et séparation des pouvoirs, et la limitation des effets néfastes d'une élitocratie au sommet, notamment à travers le soutien à la proposition de loi du député Neemtallah Abi Nasr en vue du non-cumul entre mandat parlementaire et fonction ministérielle.

14. La multiplication des actions citoyennes et au niveau local sur la base du principe : Penser global et agir local.

Les travaux de l'Observatoire libanais de la paix civile et de la mémoire durant les années 1997-2004 ont déjà paru en un volume (Beyrouth, Librairie Orientale, 2004, 656 p.).

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